Les investissements productifs, les salaires et les emplois, les retraites et la santé, le logement et les services publics ne seront pas les bénéficiaires de cette valse réservée à la sphère financière. La refondation du capitalisme, telle qu’annoncée, va exiger l’accélération du processus d’appropriation, y compris violente, des finances et des politiques publiques. Dans ce cadre, le dispositif d’étrangement des collectivités locales, de leurs finances n’est plus seulement en marche, il est devenu impératif, vital à l’objectif de refondation du capitalisme. C’est donc tout un ensemble de mesures inégalées dans leur intention de casse qui sont dévoilées au fil des semaines et qui se voudraient la réponse unique à la crise. « Le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités » a martelé Nicolas Sarkozy dans son discours de Toulon comme solution pour faire face à la crise financière. A l’Assemblée Nationale la commission des lois n’est pas en reste et appelle à un « big bang territorial ». Le secrétaire d’Etat aux collectivités territoriales prépare pour janvier 2009 un projet de loi sur la modernisation de la démocratie locale. L’UMP a constitué un groupe de travail sur cette implosion des étages institutionnels de notre pays : l’ancien premier ministre Edouard Balladur se voit confier cette mission présidentielle. Le projet de loi de finances 2009 pourrait porter comme sous-titre : « On achève bien les collectivités locales ». Il poursuit les dégâts incalculables de la RGPP, la casse systématique des services publics. Une accélération de mesures et dispositifs anti-collectivités locales est prévue : gel de dotations, recul du pouvoir d’achat, lourdes menaces sur le remboursement de la TVA alors que les collectivités réalisent les deux tiers des investissements publics …les collectivités vont devoir signer un contrat de « décroissance et d’instabilité ». Concernant la réforme de la fiscalité locale, le risque de rupture de l’égalité devant l’impôt est réel avec le projet de réforme des valeurs locatives basée sur la valeur vénale des biens. L’arrêt de mort de la taxe professionnelle est signé ! Il ne reste plus qu’à attendre l’exécution, malgré le bilan calamiteux de la réforme de plafonnement de la valeur ajoutée. Parmi ces coups mortels, l’un d’entre eux est significatif des manipulations et du mépris gouvernemental envers les élus et les citoyens : l’exclusion massive de communes de la Dotation de Solidarité Urbaine, vidée de tout critère de solidarité. 238 communes de plus de 10 000 habitants seraient concernées. Cette réforme de la DSU est insupportable pour la démocratie et les finances locales. Elle est injuste notamment pour les villes et les habitants les plus modestes. L’ADECR du Var exige l’abandon pur et simple de ce projet de réforme injuste et scandaleux et autre réforme de la DSU basée sur une réelle solidarité et de nouveaux moyens, par exemple pris sur les profits faramineux des marchés financiers. C’est pourquoi l’ADECR du Var appelle tous les élu-es de gauche, progressistes, écologistes à se mobiliser afin de mettre en échec les projets de tous les dangers pour les collectivités locales et les services qu’elles rendent aux citoyens.